Les Affables Gens de la Fontaine

Trois lièvres bondissants, de légères et aériennes gazelles et de prudentes tortues s’étaient donnés rendez-vous sur le chemin des Fontaines à Saint-Juéry. Les lièvres tout d’abord raisonnables, prenaient de l’avance, s’arrêtaient, admiraient les gracieuses gazelles et toute la joyeuse bande repartaient lorsque les tortues arrivaient enfin. Il faut dire que de l’équipe, elles étaient les seules à devoir porter leur maison, et que sans doute ce sont elles dont les mérites étaient les plus grands. A la médiathèque, il fût décidé d’un commun accord que les lièvres et les gazelles emprunteraient le chemin long tandis que les tortues iraient droit au but. Rendez-vous fût fixé au cimetière, ça tombe (si j’ose dire) comme cela, n’y voyez aucun funeste présage, le lieu ayant été simplement déterminé par sa situation géographique à la jointure des deux trajets. Hélas, au cimetière, si les gazelles et les tortues étaient bien au rendez-vous, pas la moindre oreille de lièvre à l’horizon, les lièvres auraient-ils posé un lapin à leurs compagnons ? Il fût décidé au bout d’un certain temps de poursuivre sa route, la nuit commençant à tomber. Chacune et chacun, se perdant en conjectures plus ou moins plausibles afin de tenter d’expliquer cette défection. C’est alors que surgissant des broussailles, les trois lièvres réapparurent enfin, il est vrai que le lièvre est davantage réputé pour sa vivacité que pour son sens de l’orientation, il n’est qu’à observer son comportement lorsque vous le surprenez dans le faisceau de vos phares la nuit. Tout est bien qui finit bien et c’est heureux. De cette fable nous pouvons quand même tirer la moralité suivante : il vaut mieux cheminer lentement dans la bonne direction que de courir dans la mauvaise.

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